Pistes qui valent pour toute autre ville

 De nouveaux enjeux

De nombreux items se modifient : accessibilité aux soins, polypathologies, vieillissement des populations, démographie médicale, changement dans la relation au travail des professionnels. A Paris, comme ailleurs en France, les professionnels de santé des soins primaires sont confrontés à ces nouveaux enjeux et doivent donc faire évoluer leurs conditions d’exercice.

Du fait de ces nouveaux enjeux, le travail des professionnels de santé passe de plus en plus souvent par une pratique d’équipe pluriprofessionnelle. C’est vrai en France comme ailleurs dans le monde. Il y a nécessité de moderniser les exercices.

Cette modernisation passe par deux items :

Pour que cela puisse s’accomplir, apparait une évolution des modes de rémunération : rémunérations sur objectifs de santé publique chez les médecins dont un tiers est lié à l’organisation d’un travail en équipe structurée. Et ENMR en passe de se généraliser en 2014 ou 2015.

 Spécificité de Paris

Il existe une spécificité à Paris liée entre autres à deux points majeurs :

 Les chiffres de Paris

Les chiffres nous indiquant qu’environ 1.600 MG libéraux exercent dans Paris (sans comptabiliser les MEP). Et environ 100 centres de santé. Ce qui nous donne une densité d’environ 1 MG pour 1.200 à 1.400 habitants. Ce n’est pas encore la panique, mais bien le moment de réagir. A noter qu’avec 1.250 IDE, la densité en infirmière est très basse ce qui pose un réel souci.

Nous estimons la taille moyenne d’une équipe de soins primaires à 4 MG, 4 IDE et 4 autres professionnels de santé. Ce qui devait correspondre à environ 400 équipes sur Paris si la ré organisation se passait comme nous l’imaginons.

Il serait illusoire d’imaginer que tous vont se constituer dans les 5 ans à venir. Cependant, l’expression des difficultés rencontrées est réelle. Que ce soit au travers de l’analyse de l’ARS/URPS, et de ce qui nous remonte au sein de la fédération. Nous avons donc un levier pour faire bouger une bonne partie de ces professionnels. Nous pouvons imaginer qu’au moins la moitié soit motivée pour bouger. Il nous faut dans ce cas disposer de 200 plateaux d’au moins 150 m² dans les 5 années.

Nous avons besoin de 30.000 m² dans les 5 ans, répartis dans les arrondissements.

Notre Fédération, mais je pense aussi, l’URPS Ile de France et la représentation des professions de santé, peuvent porter l’accompagnement des professionnels vers le changement. Mais nous avons besoin de l’aide de l’Etat, des élus locaux et de l’assurance maladie.

Chiffres à l’appui de cette note :

Paris : 6 équipes de soins primaires en MSP (murs ou hors les murs), 3 projets avancés et 3 projets en réflexion

Ile de France : 18 équipes de soins primaires en MSP (murs ou hors les murs), 32 projets avancés

Taille moyenne des cabinets en Ile de France : 140 m² seuls médecins, 170 m² par structure MG/IDE

 Pistes proposées par la FFMPS

Pour mener cette opération à bien, nous pensons aujourd’hui qu’il est nécessaire de passer par deux moyens essentiels :

Créer une société foncière spécifique à l’organisation des soins primaires. 

Compte tenu des spécificités du marché immobilier parisien, nous avons besoin d’une stratégie foncière / immobilière publique pour les soins primaires à Paris. Autant celle-ci peut relever de l'initiative privée (professionnels de santé eux-mêmes ou investisseurs) en rural ou rurbain, autant il semble impossible de laisser une ville comme Paris sans stratégie portée par les acteurs politiques territoriaux (Ville de Paris, Région Ile de France, éventuellement communautés de commune périphériques), avec l'appui de la Caisse des

Dépôts et Consignation (CDC). De nombreuses professions ont bénéficié d'investissements immobiliers publics ou semi-publics pour exercer leur activité : les professionnels de l'alimentaire avec Rungis (Marché d'Intérêt National), les professionnels du stockage /distribution (Garonor), tous les professionnels du transport (routier, fluvial, aérien, maritime), les créateurs d'entreprise (pépinières d'entreprises). Les soins primaires ont besoin d'une action publique similaire à Paris. 

Obtenir une généralisation des nouveaux modes de rémunération en équipe. 

Nous en avons besoin pour nous permettre de motiver les professionnels au changement, 150 équipes en bénéficient en France dont 27 en Ile de France. 150 autres doivent en bénéficier en 2014. La généralisation est programmée par le PLFSS pour 2014. Nous avons proposé au Ministère et aux syndicats professionnels que les règles d’allocation de ces ressources prennent en compte les services rendus à la population à partir d’items choisis dans une matrice travaillée avec l’HAS. Cette généralisation doit passer par la voie conventionnelle et il appartiendra aux syndicats professionnels et à l’assurance maladie d’appuyer dans le bon sens. La matrice ou grille qui sera retenue par la négociation ou par un éventuel règlement arbitral, doit indiquer les éléments d’un exercice coordonné et protocolé au service des patients.

Ces pistes permettent d’entrevoir les moyens d’aider les équipes qui sont aujourd’hui en difficulté. L’objectif tant d’évoluer vers des structures répondant mieux aux attentes de la population. La FFMPS et sa branche régionale Femasif sont prêts à agir pour cette réorganisation des soins primaires en Ile de France. Mais nous ne pourrons le faire sans aide car les enjeux sont trop lourds sur les aspects immobiliers pour nous. Nous avons besoin de l’Etat, de l’ARS, des élus locaux et des collectivités territoriales.

 

Pierre DE HAAS, Président FFMPS

06 07 75 39 50

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